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Interview avec le « Daily Mail »

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Rihanna détient le plus gros single de la décennie, a vendu 10 millions d’albums et a seulement 20 ans. N’est-ce pas trop gros, n’est-elle pas trop jeune ? Nous la rencontrons se balançant sur le rebord d’un balcon à Barcelone.

Pour une fille qui a des jambes assurées à 1.000.000$, Rihanna semble de pas craindre la prise de risques.

Elle passe en coup de vent dans le studio photos, attrape un paquet de chips au fromage et se dirige vers la terrasse, où elle se tient debout près du rebord du balcon, possédant une vue incroyable sur les montagnes des Pyrénées, la Méditerranée et la ville de Barcelone. Cherchant une autre poignée de chips, elle perd momentanément l’équilibre.

Pendant quelques secondes, le studio entier retient son souffle : elle était à deux doigts de tomber quatre étages plus bas sur la pavé Sarrià-Sant Gervasi.

Quand elle remonte doucement, le soulagement dans le studio est palpable. Néanmoins, aucune personne de son équipe n’ose dire quoi que ce soit à propos de l’incident. Elle n’a peut-être que 20 ans, mais quand vous vendez près de 10 millions d’albums, personne ne vous dit quoi faire.

Au lieu de s’expliquer, elle me dit : « Je me sens fringante et aventureuse ».

Vétue d’une robe rayée rouge et blanche et de sandales gladiateurs blanches, accompagnée d’un sac python de la marque Chanel d’une valeur de £3000, elle déborde d’énergie et est radieuse.

Alors qu’elle choisit avec enthousiasme des tenues qui laissent peu de place à l’imagination pour la séance photo de Live, elle raconte, ‘Avant, je n’avais pas mon mot à dire sur mon image. Ces décisions étaient prises pour moi,  jusqu’à la couleur de mon rouge à lèvres.

‘Puis je suis arrivée à un stade où j’étais suffisamment sûre de moi pour dire, « C’est à cela que je veux ressembler. Que ça vous plaise ou non. »

‘Tu peux comparer cela à une forme de rébellion. Moi, je préfère voir cela comme une transition de l’adolescente à la jeune femme. A présent, je prend mes propres décisions. Lorsque je décide que quelque chose va arriver, cela arrive.’

Ce n’est probablement pas un hasard si la transformation de Rihanna de la jolie poupée pop à une sirène sexy et indépendante de R&B a coïncidé avec sa popularité montante et massive. De suite après le lancement de son second album en 2006, « A Girl Like Me », il a été dit qu’elle n’était qu’une personne sans envergure qui ne tiendrait pas la route en tant qu’artiste. C’est vrai, elle a souvent sorti des singles irrésistiblement entrainants comme ‘Pon de Replay’ et ‘SOS’. Mais tout le monde savait que le label de Jay-Z, Def Jam, tenaient les ficelles.

A la fin de l’année 2006, elle a d’abord annoncé qu’elle allait prendre les choses en main. ‘J’étais à Paris, et j’ai eu envie de changer de coiffure,’ dit-elle. ‘J’ai coupé mes longues mèches et je me suis fais cette jolie coupe au carré dont j’étais très fière.’

‘Quelqu’un du studio m’a vu et a dit, « C’est joli mais ce n’est pas toi. Nous devons ajouter des extensions. » J’étais complètement sous le choc. J’étais une jeune fille de 18 ans qui cherchait qui j’étais et quelqu’un me disait qu’il était mieux placé pour prendre une telle décision. C’est là que j’ai réalisé que les choses devaient changer.’

En Mai 2007, elle sort son single ‘Umbrella’. Dans la chanson, elle semble plus dure et plus énervée et le clip vidéo prouve que son image d’adolescente est derrière elle.
‘Umbrella’ est resté en tête des charts partout dans le monde, et a même battu un record au Royaume-Uni, en se classant n°1 pendant 10 semaines d’affilées. Le single se vend à 8 millions d’exemplaires dans le monde. L’album ‘Good Girl Gone Bad’ s’écoule à près de 5 millions de copies et compte pas moins de 7 tubes.

Si son soudain statut de superstar la dérangeait, elle n’a pourtant jamais rien laissé paraitre. Au contraire, elle gagnait chaque fois plus en confiance.

Dans le passé, elle a très peu parlé de son enfance. A présent, elle commence à s’ouvrir et à parler de son enfance en Barbade, avec un père accro à l’alcool et à la cocaïne.

‘Je n’essayais pas de le cacher,’ dit-elle. ‘Je n’étais simplement pas prête à ce que le monde entier soit au courant de cette histoire.’
‘Mon père a fait partie de la génération des années 60 qui, bien entendu, se droguer. Il était un hippie. Coupe afro, pattes d’éléphant… enfin ce genre de look quoi. Un gros fêtard. Mais il est devenu incontrôlable et a été entraîné dans une spirale sans pouvoir la contrôler.’

‘Mon père a quitté la maison quand j’avais 9 ans, donc j’étais vraiment jeune quand je vivais avec ses addictions. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il se passait, mais je savais qu’il faisait quelque chose qu’il ne devait pas.’
‘Même quand je commençais à comprendre, j’avais une telle estime pour mon père que je ne pouvais pas le mettre en face de moi et faire ressortir toutes ces choses négatives. De toute façon, je n’avais aucun moyen de l’aider.’

‘C’est seulement durant mon adolescence que j’ai commencé à me mettre en colère, et peut-être même à le haïr. Parce que je réalisais qu’aucun enfant ne devrait vivre ce que j’avais vécu.’

Même si elle parle habituellement doucement, avec un accent Barbadien, sa voix devient plus forte et plus stridente, quand on parle de son enfance. Elle est clairement fière d’avoir pris des responsabilités d’adultes à un si jeune âge.

‘J’ai été élevée pour un être un enfant et connaître mon rôle, mais aussi pour penser en tant que femme. La vie de mon père a été chaotique et, en partie à cause de ses problèmes de drogues, il n’y avait pas beaucoup d’argent. Ma mère travaillait comme comptable et la plupart du temps, je devais m’occuper de mes jeunes frères. Je ne l’ai pas ressenti comme un fardeau. C’était juste la réalité.

‘A l’âge de 13, j’ai rejoint les cadets, et nous allions régulièrement faire des expéditions le week-end. Il y avait beaucoup de discipline. Nos uniformes devaient être propres, nos bottes devaient briller comme des diamants et nous devions souvent cuisiner pour le camp entier.’

‘Nous avons également appris à tirer avec des pistolets, ce qui était la meilleure partie. J’étais une bonne tireuse, même si je n’arrivais pas à tuer une mouche à cent mètres de moi.’

Mais la jeune Rihanna, née Robyn Rihanna Fenty, a eu sa propre phase de rébellion. A l’âge de 14 ans, elle forme son premier groupe avec deux ou trois camarades et en même temps, développe un penchant pour la fête.

‘Je sortais et je buvais, mais c’est ce que font les adolescentes en Barbade,’ dit-elle.

‘Le pays est assez cool concernant l’âge légal pour consommer. Mais je n’ai jamais dépassé les limites.’

‘Je n’étais pas vraiment en mode Amy Winehouse. J’ai vu ce que l’alcool et les drogues ont fait à mon père, et je n’allais pas suivre ses traces. Je connaissais mes limites quand j’étais enfant et c’est toujours le cas aujourd’hui.’

‘Si j’allais en boîte, j’y allais pour la musique. Je sortais pour passer du bon temps, pour danser et pour se moquer de ceux qui se bagarraient ou qui s’habillaient comme des p****. Je pouvais boire quelques verres mais je ne deviens pas saoule facilement. Je n’en suis jamais arrivée au point de vouloir vomir, de ne plus tenir debout ou de dire des choses que je pourrais regretter le lendemain.’

Elle détestait l’école (‘les profs me donnaient toujours du fil à retordre et les autres filles s’en prenaient à moi’) et a toujours rêvé de faire quelque chose de ‘créatif’. Son talent pour l’auto promotion l’a aidé à gagner un prix de beauté locale, mais elle dit que cela a seulement ‘donné une raison supplémentaire pour se faire détester’. Bientôt, par contre, elle ne se souciera plus des disputes dans la cour de récré.

A 15 ans, un ami la présente au producteur Evan Rogers, co-producteur de tubes pour un bon nombre de personnes, de Donny Osmond à NSync. Il se trouve que Roger était en vacance près de St-Michael, où Rihanna vivait, et elle a performé devant lui dans sa suite au Sandy Lane, hôtel très prisé.

Immédiatement impressionné, Rogers l’invite à New-York au studio d’enregistrement, où, pendant les vacances scolaires, elle a travaillé sur 12 demos. Retournant en Barbade, elle pensait qu’elle allait attendre des mois avant de recevoir des nouvelles. Trois jours plus tard, elle recevait un appel de Rogers disant, ‘Jay-Z veut te voir’.

‘Deux jours après j’étais debout dans le bureau de Jay-Z à New-York. Il était assis en face avec son short et son polo, attendant d’être impressionné. J’étais inquiète à propos de ma voix parce que ma gorge était sèche et j’étais restée debout toute la nuit, mais j’ai su que ça serait OK au moment où Jay-Z a sourit quand je commençais à chanter’.

‘Le pire moment a été l’attente pour signer le contrat. Ils travaillaient toujours dessus à 3h00 du matin. Mes avocats continuaient à parler et à parler pendant que je regardais la montre en pensant, « Pourvu que ca marche je veux signer! je le veux tellement ».

‘Et je suis sortie dehors avec un contrat pour six albums. Le matin suivant j’étais à New-York et j’ai acheté une nouvelle garde-robe entière.’

Elle raconte l’histoire dans un souffle, revenant sur ses propos lorsqu’elle se souvient de quelques petits détails qui pourraient peut-être devenir plus vivants, plus rééls. Elle essaie de se convaincre elle-même que tout ceci s’est réellement passé.

‘Ca me semble tellement irréel,’ dit-elle. ‘Quand mon premier single, ‘Pon De Replay’ est sorti, j’étais en train de faire du shopping quand je l’ai entendu la première fois à la radio. J’ai couru et j’ai crié, ‘C’est ma chanson!’ Les gens me regardaient comme si je devais être enfermée.’

‘Ensuite, il y a eu la première fois où j’ai réalisé que j’étais célèbre. J’étais à New-York, au studio, en train de finir mon album et je suis sortie m’acheter une glace. Alors que je marchais avec mon cornet à la fraise, six ou sept enfants ont sauté de leurs chaises et ont couru après moi avec des serviettes pour que je signe. C’était étrange pour moi.’

Pas que Rihanna se plaigne elle est contente d’admettre que la célèbrité a ses avantages.

‘J’ai une maison à Los Angeles, avec une piscine, un grand piano et une table pour le café faite en peau de crocodile. J’adore ma maison, et probablement la meilleure chose à son sujet, c’est qu’elle vient juste d’être cablée donc je peux mettre mon iPod dans un endroit et le controler de partout dans la maison et même près de la piscine.’

‘Je ne prends rien de tout ça comme étant acquis. J’ai grandi avec peu ou pas d’argent. Ca me fait tout apprécier davantage. Mais ce n’est pas que bonheur et facilité. Je n’ai pas eu plus de 7 jours de congés en 18 mois. Mon programme punit.’

‘Et je reste seule en parcourant les hotels dans des villes que je ne connais pas. Je n’ai pas le temps pour sortir avec quelqu’un.’ (Par contre, il y a des rumeurs comme quoi elle sortirait avec le chanteur R&B Chris Brown le couple est régulièrement photographié ensemble mais tous deux ont démenti ça.)

Rihanna me dit qu’elle et son père, sont maintenant réconciliés. Maintenant dans ses 50 années, vivant toujours en Barbade et clamant être clean depuis dix ans, son père a récemment dit, ‘Je n’oublierai jamais ce que j’ai fait à ma fille’.

‘Pas comme les autres pèers qui aident leur enfant à faire les devoirs, j’étais aux coins de rues à chercher plus de drogues. J’ai dépensé chaque centime que j’avais dans mes poches’.

Rihanna prend le côté philosophique.

‘Le passé est le passé,’ dit-elle. ‘Il y a eu des fois où nous ne nous parlions pas pendant de longs moments, mais nous sommes amis maintenant. Vous devez passer au-dessus de ça, non ? Nous devons faire ça’.
‘Je préfére regarder la meilleure image. De là où je suis, cette image est bonne c’est positif. Maintenant que je contrôle ma vie et ma carrière, il n’y a pas de limites sur ce que je peux accomplir. Plus de chansons géniales, peut-être quelques films, une ligne de vêtements…

« Maintenant, tout est possible »