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Interview avec « Glamour »

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Rihanna : la nouvelle Madonna ?
Elle ne cesse de le répéter, elle va détrôner la reine de la pop. Mais la jolie Rihanna a-t-elle tout ce qu’il faut pour cette ambition top niveau ? Glamour a tenté un test de crédibilité en 6 points.

1. UN TALENT POUR SE FAIRE REMARQUER
Madonna a quand même pas mal ramé avant de se faire repérer. Et le jour où finalement elle tape dans l’oeil d’un gros producteur, celui-ci fait une crise cardiaque la veille de leur rendez-vous. Pas de problème, Mado se pointe avec son ghetto blaster à l’hôpital et fait une démonstration sous les yeux d’un producteur, vivant certes, mais intubé et sous perf’. Elle signe son contrat.
Dans la série des filles warrior, Rihanna a la rage elle aussi. Elle rêvait depuis toujours de quitter son île pour chanter. Mais se faire repérer à la Barbade, en chantant sur une plage, c’est rare. Quand, en 2003, elle apprend que le producteur Evan Rogers est en vacances dans le coin, elle fonce. En trois oeillades, la petite minette de 16 ans dégotte le numéro de sa chambre, débarque sans y avoir été invitée et se lance a capella sous le regard ébahi du bonhomme. Un coup de bluff qui a marché ! A la fin de la chanson, Evan Rogers décide de ramener Robyn (son prénom d’origine) dans ses grosses valises et de lui présenter Jay-Z. « Il ne m’a même pas fallu deux minutes pour réaliser que cette fille était une star », se souvient le rappeur-producteur. Et un tube plus tard, soit le très efficace ‘Pon de Replay’, la carrière de Rihanna était lancée.
Crédibilité : 100%
Même culot, même classe, même résultat super-efficace.

2. UN TEMPERAMENT DE CHEF
Madonna n’est pas du genre à se laisser dicter sa conduite. Si elle est entourée d’une équipe de surdoués (Mirwais, Justin Timberlake), c’est elle qui les choisit. Et pas l’inverse.
A ses débuts, Rihanna, qui n’était qu’une poupée R’n’B de plus, devait rendre des comptes à papa Jay-Z. Et il ne se contentait pas de produire sa musique, non. Il avait aussi son avis sur la couleur de ses baggy et même, chuchote-t-on, sur les garçons qu’elle fréquentait. Josh Hartnett, Shia LaBeouf, le mentor aurait fait capoter plus d’une relation pour des questions… d’image. Enfin, c’est la version officielle. En bonne élève, Rihanna ne se rebelle pas : « Ma vie professionnelle occupe 99% de mon temps. Il ne reste que 1% pour ma vie privée et même là-dedans, mon boulot trouve toujours le moyen de s’insinuer », confie-t-elle. Mais cette année, les choses ont bien changé. Rihanna a fait sa crise d’ado. Et le titre de son dernier album, ‘Good Girl Gone Bad’, annonce la couleur. Chaud devant ! Sans rompre avec Jay-Z, elle a pris son envol. Désormais, c’est elle qui est aux commandes. « Il faut avouer que Rihanna a trouvé sa voix avec ce dernier disque », reconnaît, fair-play Jay, le papa bafoué.
Crédibilité : 50%
Il y a encore du boulot. L’ombre du mentor plane toujours sur sa carrière et si elle crie « Libération! », Rihanna n’a pas totalement coupé le cordon.

3. UN AIR DE SEX MACHINE
Inutile de le rappeler, la « virgin » madone sexy et crucifiée, est l’incarnation même du scandale qui donne chaud aux foules en délire depuis les années 80.
Rihanna, au départ, se la jouait carrément sainte-nitouche. « Je ne poserai jamais nue. Ma mère me tuerait », jurait-elle, rougissante. Une bonne conduite qui n’aura pas tenu longtemps. En janvier dernier, elle a fait tomber la robe à paillettes pour le FHM allemand et quelques mois plus tard, lors d’une séance photo très suggestive avec le chanteur Robin Thicke, elle reçoit la fessée. Rihanna veut devenir une fille sexy. Elle parsème ses textes de lyrics façon maîtresse-femme, comme ‘Shut up and drive’. Mais la vraie rupture, c’est le clip d’Umbrella : un mètre vingt de jambes dénudées, un petit corset en latex noir pour tout accoutrement et des regards par en dessous totalement incendiaires, Rihanna rajoute à sa panoplie la touche crypto-SM qui ne laisse pas le public masculin indifférent. C’est un carton.
Crédibilité : 40%
Dans le fond, on sait bien que Rihanna n’est pas une fille caliente. Elle en joue certes, et avec pas mal de talent, mais rares sont ceux qui peuvent vraiment se vanter d’avoir été « In bed with Rihanna ».

4. UN DON POUR LE BUSINESS
Vendre des disques, c’est bien. Vendre des disques et des T-shirts, c’est mieux. Dès le début, Mado a monté son propre label et décliné son image, de la photo dédicacée au livre pour enfants. Le sérieux magazine ‘Forbes’ a même estimé que c’était elle, la plus smart des business women d’Amérique.
Rihanna n’a rien à lui envier. D’abord, elle sait repérer une bonne affaire. Plusieurs chanteuses voulaient acheter le tube ‘Umbrella’ à son auteur. Mary J. Blige et Britney Spears en tête. « J’ai croisé le mec aux Grammy, raconte Rihanna, et je lui ai dit, en plaisantant, que s’il ne me donnait pas la chanson, je lui botterais les fesses. Il a dû me prendre au sérieux… » Son premier réflexe quand le titre est effectivement en tête des charts ? Plutôt que d’aller flamber dans les boutiques de Rodeo Drive, elle crée une gamme de parapluies griffés à son nom qu’elle a vendus à longueur d’émissions, telle une parfaite démonstratrice du téléachat. Et surfant sur une cote en hausse, elle vient d’annoncer qu’elle comptait diversifier ses activités. « Je pense lancer ma ligne de vêtements et commencer une carrière au cinéma. » Quand elle ne va pas se servir chez Madonna, elle s’inspire de Beyoncé qui avait fait la même déclaration à la virgule près.
Crédibilité : 100%
Côté gestion des finances, Rihanna a tout d’une surdouée. On lui confierait sans problème notre porte-monnaie.

5. UN BODY SOUS-CONTROLE
A people land, d’un côté il y a Amy Winehouse et les rockeuses droguées avides de sensations fortes, de l’autre, Madonna et son yoga-footing-thé. Il faut choisir son camp.
Rihanna joue dans la même équipe que Mado : pilates à haute dose, alimentation sous contrôle. Son mot d’ordre : rester concentrée. « Et ce n’est pas facile de garder les pieds sur terre dans ce métier », assure-t-elle. Rihanna ne touche pas à la drogue, ni à l’alcool, OK ? « Lorsque je lis des trucs sur Britney Spears ou Amy Winehouse, je trouve ça triste », confie-t-elle. Mais la chanteuse ne critique pas : elle compatit. Il faut dire qu’elle a grandi aux côtés d’un père cocaïnomane, dont elle a suivi avec angoisse les crises et les cures. Une expérience traumatisante qui l’a guérie de toutes tentations.
Crédibilité : 100%
Rihanna et Madonna ont compris : pour durer, le self-control, il n’y a que ça de vrai.

6. UNE IDENTITE MULTIPLE
Difficile de définir le genre musical de Madonna. Elle surfe sur toutes les vagues, du R’n’B à l’électro, avec la souplesse d’une athlète de haut niveau.
Au départ, on a bien cru que la petite Rihanna allait se laisser enfermer dans une case assez hermétique : le dancehall. Quand on l’a vue débarquer avec son baggy, son nombril piercé et ses afro-beats bien rythmés, on a pensé qu’elle serait un genre de Sean Paul au féminin. Et voilà qu’avec son dernier album, elle amorce un virage à 180°. « J’en avais marre qu’on me force à coller une image qui n’était plus la mienne. » De R’n’B, elle a viré électro-pop. Et a fait appel à Justin Timberlake, comme Madonna. Une choix purement professionnel ? « J’ai toujours été très fan de lui. OK, je le trouve très mignon aussi. Quand il est venu au studio, j’étais hyper-zen : je n’arrivais pas à croire qu’il était réellement là ! »
Crédibilité : 70%
Sa carrière est encore jeune et cette évolution, à confirmer. Mais on le sent bien désormais : à l’avenir, Rihanna ne fera que ce qu’elle voudra.

Verdict :Être la nouvelle Madonna, pourquoi pas. Rihanna a de la ressource : une bonne dose de culot et de charme, les bons choix artistiques, pour l’instant elle est en bonne voie. Mais pour détrôner la plus grosse vendeuse de disques après Elvis, la route est longue. Allez Riri, au boulot !