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Interview avec « Glamour »

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| Glamour ~ Septembre | 12 photo(s).




Rihanna aime garder le contrôle

Elle aime tellement garder le contrôle de sorte que son équipe lui a trouvé un moyen facile de réduire la durée de cette interview: notre conversation a lieu dans un van alors qu’elle rentre du photoshoot vers son appartement, qui n’est pas très loin. Mais elle continue à parler de manière franche et souvent hilarante, et au lieu de s’arrêter devant chez elle, elle demande à son chauffeur de continuer à tourner dans le quartier, et nous parlons encore plus.


Ce qui en est ressorti plus que tout est toute une histoire de transformation: en février 2009, Rihanna a subi la violence de Chris Brown et la frénésie conséquente des rumeurs.


Ça a été pénible, me dit-elle, de perdre le contrôle de sa vie et de son image ainsi ; déterminée à ce que cela ne recommence plus, elle a depuis resurgi comme l’architecte de son fascinant retour. Sur ses albums où elles révèlent beaucoup sur sa personnalité, « Rated R » et « Loud » ; sur son Twitter (et, depuis mi-juillet, la femme la plus populaire de Facebook), dans le choix de ses vêtements et dans les interviews comme celle-ci, Rihanna s’est réinventé pour devenir… eh bien… elle-même.


«Ma vie entière s’est transformée il y a quelques années. C’est quand j’ai décidé de baisser complètement toutes mes défenses.» dit-elle en sirotant un Corona alors que la ville défile par la vitre teintée. Être honnête rend libre. Si tu l’affrontes aujourd’hui, demain tu pourras passer à quelque chose d’autre. Voici Rihanna, toute en honnêteté:


Je voulais vous montrer cette liste: le nombre total de vos hits qui ont atteint la première position des classements. Vous en avez 10, et vous êtes la première artiste aussi jeune à atteindre ce nombre – vous avez battu Mariah Carey. En plus, tu l’as fait plus vite que n’importe quel artiste depuis que Billboard existe (NDLT: organisme officiel chargé des classements aux Etats-Unis): moins de cinq ans pour 10 numéros un.

C’est assez incroyable. Je n’en reviens pas. En fait je n’avais jamais vu cette liste comme ça devant mes yeux. C’est assez hallucinant. J’essaie juste d’être très, très reconnaissante.


Pouvez-vous battre les Beatles ?

C’est ce vers quoi je me dirige. Si je n’y arrive pas, j’aurai quand même eu quelque chose.


Votre style est devenu aussi agressif que votre musique. Pensez-vous que les deux évoluent en même temps.

Tout à fait, et je n’imagine pas l’un sans l’autre. Ma musique détermine très certainement la direction que je vais prendre en terme de style. C’est comme si c’était dans cet ordre: musique, style, cheveux, maquillage.


Il y a tellement de stars qui ont marqué les esprits et qui ont après perdu le contrôle. Vous par contre, à partir du moment où vous avez coupé vos cheveux, vous avez dit: « Non, je contrôle ce que je fais. »

Au début de ma carrière, j’avais beaucoup de contraintes. Je ne pouvais pas porter de rouge à lèvres, c’était très spécial. J’avais des fans jeunes, et il voulait juste que je garde cette image de jeunesse. Mais je voulais être moi-même. Je voulais être insolente, dans mon attitude, … toutes ces choses qui font que je suis moi-même.


Vos chansons n’arrêtent pas d’évoluer, et vos paroles deviennent de plus en plus complexes et sensibles.

Il était important pour moi de grandir. « Good Girl Gone Bad » a été le premier album où j’ai vraiment pu prendre les reines de ma carrière, en ce qui concerne la créativité. « Rated R » est arrivé juste après et c’est là que j’ai réalisé… très bien, mes fans aiment ma musique, maintenant il est temps de donner un peu plus de sens à tout ça, de me montrer un peu plus vulnérable, de m’ouvrir.


Ce tournant vers des chansons plus personnelles est arrivé juste après l’histoire de Chris Brown, et à peu près en même temps vous avez rejoint Twitter et vous avez développé une relation différente avec vos fans.

Tout à fait. C’est pourquoi j’ai rejoint Twitter. Je pensais ‘Twitter est tellement bête. Pourquoi je voudrais que quelqu’un en sache plus sur moi ?’ Mais mes fans croyaient facilement tout ce qu’ils entendaient sur moi – sites, blogs, rumeurs – parce qu’ils n’entendaient pas grand chose de moi. Maintenant ils ne croient plus les rumeurs, car ils me connaissent.


Quand vous avez suivi Chris Brown sur Twitter, tout le monde a eu peur et vous avez réagi en twittant: « C’est… Twitter, pas la vraie vie ! ». Qu’est-ce que vous vouliez dire par là ?

C’est quelque chose dont les gens aimeraient faire plus que ce que c’est vraiment, et je pense que c’est juste quelque chose avec lequel je vais devoir vivre jusqu’à la fin de ma vie, malheureusement.


Il y a un extrait de paroles de « Rated R » que j’adore: « Pendant que tu pleures, je prends mon envol.» Ça m’a frappé… chanter ces paroles est pour vous comme un thérapie.

Vous avez raison. Mais cet extrait est aussi très méchant, très sûr de soi, très arrogant. C’est un personnage que je joue.


Il semble que quand les gens jouent des personnages – comme Eminem dans votre chanson controversée en duo, « Love The Way You Lie », qui parle d’un couple en détresse – personne ne pense que c’est le vrai Eminem. Mais par contre quand vous faites une chanson comme celui-ci, tout le monde pense que c’est la vraie Rihanna.

Absolument, et je fais très attention aux paroles que je chante à cause de ça. « Rated R » était vraiment l’album qui se rapprochait le plus de ce que j’étais, honnête. Après ça, il est dur de retourner chanter des chansons qui ne sont que purs fictions. Il n’y a pas de retour en arrière.


Je vous ai entendu dire que les paroles de « S&M » avait à la fois un sens littéral et métaphorique.

Oui ! Je n’avais aucune idée à quel point « S&M » collait si bien à mon image jusqu’à peut-être il a cinq mois. Quand je le chantais, c’était une chanson pour m’amuser, et je le dirigeais surtout vers ma relation amour-haine contre les médias, mais ça a été beaucoup plus loin que ça, je ne m’en suis même pas rendu compte. Ensuite j’ai rassemblé toutes les pièces du puzzle, et j’ai vu le rapport avec mon enfance et comment ça m’affecte dans ma vie adulte.


Vous parlez de votre père ?

Pour cette chanson, c’est tout à fait ça. Je dirais que la relation avec mon père a eu un impact plus grand que ce que je ne pensais. Même avec les choses que j’aime, qui m’intéressent. Beaucoup découlent des choses que j’ai vu dans ma vie étant enfant.


Est-ce que ça veut dire que vous cherchez naturellement les problèmes ? Vous êtes faites pour avoir des soucis ?

Oui et non. Je déteste les ennuis. Et en même temps rien ne me dérange plus que quand la vie est parfaite. Et c’est ce qui me rend malade. J’adore les défis, qu’il s’agisse d’une relation, de ma carrière, la façon de m’habiller, … Quand je m’habille, je choisis toujours la paire de shorts la plus étrange pour décider de la meilleure façon de les faire ressortir ; ou une tenue qui provoqueront des réactions comme ‘Mais qu’est-ce qu’elle porte ?!’. Vous savez, quel qu’il soit, un challenge est toujours palpitant pour moi.


Vous avez dit que quand vous étiez plus petite, quand vous rencontriez des moments difficiles avec votre famille, vous chantiez du Mariah Carey et Destiny’s Child. Quoi d’autre ?

Celine Dion et Whitney Houston.


Maintenant toutes les petites filles comme celle que vous étiez chantent vos chansons. Lequel espérez-vous qu’elles chantent ?

« Fire Bomb » est l’une de mes chansons préférées. Ça me tue de savoir que ça n’est jamais devenu un single. Ce n’est pas le message le plus positif, c’est juste honnête. C’est à propos de vouloir se venger, parce que vous avez l’impression que personne ne saura ce que vous ressentez tant que vous ne les aurez pas blessés comme ils vous ont blessés. C’était à un moment où je ne voulais pas vraiment être en colère mais je l’étais quand même sans pouvoir rien y faire. Et « Fire Bomb » était comme une thérapie pour moi.


Dans les deux derniers albums, vous vous ouvrez sur la manière dont la vie peut partir de travers.

Je pense que l’honnêteté est l’ultime libération dans la vie. Les gens répugnent la vérité et n’arrête pas de vouloir la cacher. Mais après un certain temps on finit par la découvrir et il y a tellement de choses cachées qu’il serait plus facile de dire la vérité dès le début. Ça me rappelle juste « 8 Mile », quand Eminem rappe à propos de toutes les méchancetés qu’on peut lui dire. Ça vous donne cette liberté car… si vous êtes honnêtes, qu’est-ce qu’ils vont pouvoir dire sur vous maintenant ?


Dans le vidéo clip de « S&M », il y a des mots odieux qui apparaissent.

C’était moi me moquant de toutes les choses absurdes que j’ai lues ou entendues à mon propos.


Un de ces mots est « salope ». C’est quelque chose que les adolescentes pourraient identifier comme… une femme a une expérience sexuelle et on commence à en faire des rumeurs et elle devient soudain une salope.

Je ne voudrais pas encourager les adolescentes à avoir des expériences sexuelles. Mais la réalité c’est qu’elles en ont et elles sont juste un peu trop jeunes pour comprendre à quel point elles doivent faire attention. C’est une vraie bataille pour moi, car j’ai 23 ans et beaucoup de fans ont 8 ans de moins que moi, donc ce n’est pas facile à gérer. Je veux à la fois donner le bon exemple mais aussi vivre ma vie. Donc je me suis laissée un peu aller et j’ai juste été honnête. C’est un peu comme si les stars de la pop ne peuvent plus être des rockstar car elles doivent être des modèles, et ça nous enlève toute la distraction, car on veut s’amuser en faisant de la musique.


Le numéro 1 de XL Recordings, Richard Russel, qui est aussi le patron de Adele, a appelé les vidéos comme « S&M » du faux porno.

(Rires). Du faux porno ? Est-ce qu’il a déjà regardé du porno ? S’il en a l’impression, merci. Je veux dire, merde, je vais prendre ça comme un compliment. C’était juste un bisou sur la joue mais s’il a eu une érection ? Dans ce cas là, de rien !


Ha ! Décomposons donc « S&M »: « Les bâtons et les pierres peuvent casser mes os mais les chaînes et les fouets m’excitent. »

Je me moque juste des blogs et des rumeurs. Avant ça m’embêtait beaucoup. Maintenant je suis un peu comme ça: « Ils m’ont appelé trou-du-cul sur ce site hier, et aujourd’hui je suis une idiote – pas mal ! ». Ce n’est pas acceptable mais tu ne peux rien faire contre ça.


D’accord, c’est la partie métaphorique. Mais en même temps, vous n’hésitez pas à parler de sexe. Quel est le sens littéral ?

Je préfère carrément un mec dominant. J’ai un rôle très dominant dans ma vie, dans tous ses aspects. Et d’ailleurs j’adore jouer à la « Lady », jusqu’à un certain point. Je pense que c’est le moment où l’homme doit être un homme, et celui où je dois être une femme. Et si je dois être un homme dans mon lit aussi, je n’y gagne vraiment rien.


En tant que modèle, c’est dur aujourd’hui ?

Si ça l’est mais là je parle comme une adulte de 23 ans. Je ne m’adresse pas à la petite fille de cinq ans écoutant « What’s My Name ? ».


Dans votre interview avec « Glamour » en 2009 vous aviez dit que vous ne réalisiez pas à quel point vos décisions pouvaient influencer vos fans.

C’était très certainement une sonnette d’alarme, pour que je réalise l’impact que j’avais sur les jeunes femmes. Ça m’a aussi rapprochée de ces dernières. On vit des vies différentes mais on a beaucoup d’expériences communes. Elles croient les choses que je dis parce que ça vient de quelqu’un d’extérieur, pas d’un parent. Et il faut alors que je mette ma casquette de modèle… Elles savent que je suis aussi rebelle qu’elles le sont, alors si je dis que quelque chose est mauvais, alors c’est vraiment mauvais.


J’essayais de comprendre la différence entre les Little Monsters de Lady Gaga et votre Rihanna Navy. Elle s’appelle « The Mother Monster » (NDLT: la mère de ses fans) ; mais je ne vous ai jamais entendu dire que vous étiez une mère.

Non, car je ne vois pas mes fans comme des gens en dessous de moi. Nous sommes tous ensemble. J’ai plus besoin d’eux qu’ils n’ont besoin de moi. J’ai besoin de leurs retours, de leur honnêteté, et de leur soutien. Sans ça, c’est inutile. Je les respecte beaucoup !


J’ai interviewé l’acteur Taylor Kitsch, et il a dit que vous étiez cool dans « Battleship », en faisant vos propres cascades, « cassant tout à sa manière. »

Effectivement, de ce qu’il a dit je suis cool. Taylor est sympa. Je ne savais rien du métier d’acteur ; je le faisais juste les doigts croisés. Et Peter Berg est incroyable. C’est un psychopathe, et ça a bien marché. Je m’entends toujours bien avec les psychopathes. Je veux faire d’autres films, c’est sûr !


Parlons un peu de vos compétiteurs… il y en a un petit paquet, n’est-ce pas ?

C’est une bande. Il y a moi, GaGa, Katy Perry, Beyoncé… Qui d’autres ? Ke$ha, très certainement. Les femmes dominent l’industrie de la musique en ce moment, et c’est parce que nous sommes compétitives. J’ai l’impression que ça fait longtemps que le monde de la musique n’a pas été aussi excitant.


Vous êtes amies avec Katy Perry, n’est-ce pas ? Vous avez organisé son enterrement de vie de jeune fille quand elle a marié Russel Brand. Et vous êtes aussi en compétition… Êtes-vous des amies-ennemies ?

Non ! (Rires). Katy est juste la meilleure ! Vraiment, je l’adore ! Et quand je l’ai rencontrée c’était à un moment où je ne parlais à presque aucune femme à part au travail et ma meilleure amie. J’ai toujours été comme ça, toute mon adolescence, jusqu’à aujourd’hui.


Vos amis sont majoritairement des hommes ?

Tous mes amis sont des hommes, en fait. Mais quand je l’ai rencontrée, c’était comme un souffle de fraîcheur. Je ne pouvais pas croire que cette gonzesse avait pu faire tout ce qu’elle voulait depuis ses débuts. Katy et Lady GaGa sont arrivées dans cette industrie en choisissant très exactement comment elles pensent, comment elles s’habillent, comment elles veulent parler.


Vous êtes en compétitions avec elles mais vous restez respectueuse.

Absolument. Je ne les considère comme des compétitrices seulement parce-que je les admire. Ces femmes sont de vraies compétitrices !

Salut les fans de « Glamour » ! Je vais répondre à quelques unes des questions que vous m’avez posé sur Facebook.


Qu’est ce que tu aimes faire pendant tes jours de repos ?

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A chaque fois que j’ai des jours de repos, que je ne dois pas travailler, ou me rendre en studio, ou que je ne voyage pas ; j’adore regarder la télé ! C’est une chose très bête mais je n’ai jamais l’occasion de le faire alors… j’allume ma télé après le travail et je la regarde pendant des heures ! A propos de mes péchés mignons en terme d’émissions, en fait j’adore tout ce qui a « épouse » dans le titre… ou « épouses » !


Quelle est la chanson que tu préfères interpréter en live ?

J’adore vraiment interpréter « What’s My Name ? ». On vient juste de revoir la chorégraphie et tout ce qui va avec mais… c’est vraiment à ce moment là que j’ai l’occasion de danser et la chanson… la musique est vraiment entraînante je trouve, c’est une partie de ma culture, je l’apprécie beaucoup. J’adore l’ambiance que ça dégage, j’adore danser sur cette chanson sur scène… Mais ce n’est que mon opinion car j’adore bouger mon corps.


Quel est le plus grand risque que tu aies pris en terme de fashion ?

Je dirais aux Grammys, la robe de haute couture « Jean Paul Gaultier » rayée à volants qui couvraient les bonnes parties (voir les photos ?). C’était vraiment risqué et… risqué (rires). J’avais peur de sourire aux paparazzis. J’avais peur qu’en rigolant trop fort, mes seins sortent de la robe (rires) !