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Interview avec « Complex »

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Y a-t-il quelque chose de très personnel que tu ne voudrais pas partager avec tes fans sur Instagram ?

Oui, c’est pour cela que je ne peux pas te le dire. [Rires.]


Mais tu es vachement à l’aise lorsque tu communiques avec tes fans sur les réseaux sociaux.

Bien sûr. Ils savent qui je suis, c’est pour cette raison que je n’ai pas de problème à être moi-même avec eux. Vraiment, je veux les encourager à agir de la même manière. Si tu ne vis pas ta vie, alors qui le fera ?


Tu as un lien spécial avec tes fans. Comment la Navy et toi êtes devenus si proches ?

Et bien, au début je n’étais pas vraiment dans le monde des réseaux sociaux. J’étais tellement contre les réseaux sociaux, ce qui est un peu ironique. En fait, j’ai commencé sur une chat room sur mon fansite. Mes fans ne voulaient pas croire que c’était moi. Ils me posaient des questions et je leurs donnais de vraies réponses, mais ils ne me croyaient pas. Je disais « Oh mon dieu. » Donc je me suis dis, Tu sais quoi ? C’est la même chose que Twitter. Twitter ressemble à une chat room géante où tu peux envoyer des textes simples. Presque comme si tu envoyais des textos à tes fans.

Puis j’ai commencé à parler avec eux. Ils me posaient des questions et je leurs répondais. J’imagine que nous avons commencé à construire une relation comme cela et à devenir très proches. Ils ont commencé à découvrir des choses sur moi, j’ai fini par découvrir beaucoup de choses à leurs sujets, et tu réalises à quel point tu as des points communs avec les gens. Ils sont définitivement un groupe amusant — ils sont vraiment amusants. C’est même hilarant de les regarder. Ils sont tellement divertissants. Bien qu’ils me trouvent divertissante, ils me divertissent autant moi, si ce n’est plus.


Félicitations pour ton album. C’est de loin mon préféré.

Merci beaucoup.


Tu as 12 singles numéro 01, ce qui est déjà une énorme réussite, mais à quel point était-ce important pour toi d’avoir un album numéro 01 aux US. Était-ce l’objectif ?

Tu sais quoi ? J’y pensais pour les premiers albums et puis, après que rien ne se soit passé, cela te sort de l’esprit. Puis, avec le septième, je pensais vraiment, « cet album doit être assez bon pour être numéro 01. »

Ce n’est pas que les autres ne le pouvaient pas. Je veux juste que les gens sachent qu’il est assez bon. Je me suis tellement mise la pression en faisant cet album que Jay Z m’a dit, « si tu fais cela pour qu’il soit numéro 01, alors tu fais ça pour la mauvaise raison. » Cela m’a fait revenir sur terre. J’ai répondu, « tu as raison. Tout ce que je dois faire, c’est un album génial. » Et c’est là que ça m’a vraiment mis la pression. Je voulais que cette musique soit vraiment bonne parce que c’est le septième et que cela n’arrive qu’une fois. Cela devait être parfait pour moi. Et j’étais inquiète qu’il ne soit pas fini à temps. Je savais que j’allais être capable de finir toutes les chansons que j’avais jusqu’à présent, mais ce que je ne savais pas, c’était le corps de l’album. Toutes les chansons étaient fantastiques mais quelques fois, tu te dis, « peut-être que nous avons besoin d’un peu plus de ci ou moins de ça. » J’étais donc inquiète à la fin, jusqu’à la dernière minute, puis tout est rentré dans l’ordre.


Le fait que les gens pensent connaître ta vie personnelle alors qu’ils n’en connaissent que la moitié semble être un des thèmes de cet album. Était-ce ton intention lorsque tu as fais cet album ?

Je n’en avais aucune, mis à part dire la vérité. C’est tout ce que je voulais. Donc tout ce qui est à l’intérieur, est vrai, c’est à l’état pur. Il représente tous les éléments que je suis, ce que je suis devenue. C’est pour cette raison que l’album s’appelle « Unapologetic », parce qu’il s’agit de la vérité.


Donc, as-tu déjà été désolée/confuse?

Pas forcément désolée, mais je me retenais auparavant. Je ne montrais pas beaucoup de moi-même. J’étais très protégée et on ne se sent pas en sécurité en faisant ainsi. Je sentais qu’il fallait que je sois ouverte et libre, et vraiment courageuse avec ce que je suis. Pour faire court, juste se dire, « et merde. Que peut-il arriver de pire ? Ils vont me détester ? C’est déjà arrivé auparavant. » J’avais le sentiment qu’il fallait que je garde les pieds sur terre. Tu le dois vraiment.


Sur ton dernier album, tu travailles avec certains compositeurs et artistes pour la première fois. Tu es entrée en contact avec eux et tu les as choisis toi-même ou ce sont eux qui sont venus vers toi ?

Au début, lorsque nous nous sommes réunis pour créer cet album et que nous essayions de chercher le son, j’ai choisi les personnes que je sentais capable de les reproduire. Nous avons mis en place une sorte de mini camp, où nous avons vu défiler plusieurs producteurs, et mis les compositeurs dans une pièce pour voir où ils allaient. Une sorte d’association a donc vu le jour et les personnes ont commencé à se diriger dans plusieurs directions. Lorsque tu as trouvé la bonne, alors tout le monde le sait, « ok, c’est là que nous allons. »

J’étais censée chanter moi-même le crochet de « Loveeeee Song », mais j’ai vraiment adoré la sonorité de Future sur celle-ci. Nous devions absolument le garder. Parce que j’adore son attitude dessus.

C’était également de cette manière là sur « Diamonds ». Nous avions entendu d’autres chansons auparavant, mais « Diamonds », lorsque je l’ai entendue, je savais que c’était absolument ce que je voulais ressentir. Je veux ressentir cela sans cesse. Peu importe que ça soit amusant ou doux, je veux le ressentir ici [en mettant ses mains sur son ventre]. Et tu dois également passer du temps avec les compositeurs, mais aussi avec les producteurs et aller en studio, leur permettre de me connaître afin que cela soit facile pour eux de m’aider à transformer mon histoire en mots.

Puis il y a l’autre moitié, lorsque les compositeurs écrivent des chansons et vous les envoient, et sur certaines d’entre elles, on a vraiment pris notre pied. En particulier le titre avec Future. Pour celui-ci, je l’ai juste appelé et dit « écris moi juste une chanson pour toi, ne m’écris pas une chanson pour moi. Écris une chanson que tu aimerais. » Parce que je me suis rendue compte qu’il avait des talents de compositeur qui pourraient marcher pour une femme. Une femme peut aussi accomplir ces mélodies et cela fonctionnerait. Il m’a envoyé le titre et à la minute où je l’ai entendu, je me suis dit « oh mon dieu. Oh mon dieu. » C’était vraiment choquant. Et de temps en temps, tu en reçois où tu n’as absolument rien à toucher. [Rires] C’était parfait.


Qu’as tu entendu de Future qui t’as donné envie de travailler avec lui ?

J’ai écouté quelques chansons de son album qui avaient des mélodies inattendues. Je voulais juste qu’il m’écrive une chanson que les gens attendraient vraiment de lui. Mais je ne voulais pas dire ça, parce que je ne voulais pas le faire trop réfléchir. Je voulais juste qu’il écrive quelque chose qu’il aime, parce qu’il savait déjà qu’il écrivait quelque chose pour moi.


Je l’adore, parce que j’aime « Turn On The Lights ». C’est un gangsta tellement sensible.

[Rires.] Oui, tout à fait. Bien sûr. Les mélodies dans cette chanson ? Ugh, dingue.


Tu as dis que « Diamonds” était ton titre préféré depuis « Umbrella ». Pourquoi est-il devenu numéro dans ton coeur ?

Les sentiments qu’elle éveille en moi. C’était tellement inspirant et exaltant. Cette chanson m’a donné de l’espoir. Je me disais, « tu sais quoi ? J’en ai marre des chansons d’amour furieuses. » L’amour ne concerne pas seulement les ruptures ou « va te faire foutre, » et tu sais, « je te déteste, » et « nous nous remettrons plus jamais ensemble. » Cela peut être beau. Cela peut être également, « oh que oui ! Nous sommes des diamants ! »
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Je veux que les gens pensent comme cela, parce, tu sais, même le gouvernement veut dire aux gens comment aimer. Et j’en avais marre de cela, tu vois ? Cela n’a aucun sens. Pour moi, cette chanson fait réellement cela, et en même temps, ma grand-mère venait juste de mourir, et elle faisait échos aux liens qui nous unissaient et aussi notre relation. Elle était donc spéciale. Juste spéciale.


Lorsque tu chantes cette chanson, est-ce que tu penses à la relation que tu avais avec GranGran Dolly ?

À chaque fois. Chaque fois. Je pense à plusieurs choses, mais c’est certainement l’une d’entre elles.


À quoi d’autres penses-tu ?

L’amour. Je pense à l’amour.


Est-ce que tu aimes chanter l’amour, le plus ?

Je pense que l’amour est une des choses les plus pures que l’on puisse chanter. Une des plus belles choses que tu puisses chanter. Mais j’aime aussi les chansons décalées, comme « S&M ». J’adore également les titres amusants, mais l’amour est — il n’y a rien de mal dans ça. Il ne vieillira jamais.


« Numb » est totalement différent de tes collaborations précédentes avec Eminem. Comment est née celle-ci ?

Dès que j’ai travaillé avec lui sur « Love The Way You Lie », je voulais travailler de nouveau avec lui, et nous avons fait « Love The Way You Lie (Part II) » Et puis, j’ai de nouveau eu envie de travailler avec lui. [Rires.] J’adore travailler avec Eminem. Il s’agit d’un de mes rappeurs préférés, et ses paroles — c’est un véritable poète, et j’apprécie cela chez lui. Pour cette chanson, j’avais besoin de quelqu’un qui n’ait pas seulement son talent, mais aussi sa personnalité. Et j’avais besoin de quelqu’un qui comprenne vraiment la perspective et la métaphore dans la chanson de devenir insensible à tout ce qui nous entoure et dire, « va te faire foutre. » Eminem est sans aucun doute l’homme parfait.


À quoi es-tu insensible ?

Au monde, aux opinions qui importent peu, tu comprends ? Les gens qui n’ont aucune valeur dans ta vie. Cela. Je suis insensible à eux, parce que cela ne les regarde pas.


« Bands A Make Her Dance » est une de tes chansons favorites.

Mmm-hmm.


Voulais-tu donc faire une chanson pour les clubs de strip-tease dans cet album ?

Oui, qui t’as dit ça ?


Je viens juste de le trouver.

Oh merde, c’est dingue. Je voulais précisément faire un titre pour les clubs de strip tease.


Et qu’est ce qui t’a décidé à choisir un titre de Mike Will Made It plutôt qu’un autre ?

En fait, il m’a choisi. Il fait partie des personnes qui m’ont envoyé un titre. À vrai dire, les compositeurs et Mike Will étaient en studio, Chris y est allé puis est revenu en disant, « Mike Will a fait une chanson de dingue, tu devrais l’écouter. » Donc quelqu’un du label me l’a ramenée pour que je puisse l’écouter. Argh — j’ai compris de suite que cela serait ma chanson. Comme si je savais qu’il l’avait écrite pour moi, alors que je ne l’avais pas encore entendue. Mais lorsque je l’ai entendue, je savais que j’allais la garder. Il s’agit de l’une de mes préférées. Je ne pouvais m’empêcher d’écouter la chanson en boucle.


Chris a donc entendu le titre et a dit, « tu dois l’écouter maintenant » ?

Il était en studio avec eux lorsqu’ils l’ont écrite pour moi, donc oui.


Une de mes chansons préférées de l’album est « Stay ». Comment as-tu trouvé Mikky Ekko ?

Mikky Ekko a fini par écrire une chanson pour nous deux, lorsque nous l’avons entendue pour la première fois, nous l’avons adorée. Lorsque les personnes de Roc Nation l’ont trouvée et nous l’ont emmenée, j’ai adoré sa voix dessus. Le ton de sa voix était vraiment magnifique, et le label nous a en fait demandé si nous pouvions le garder dessus. Et cela s’est avéré parfait — je n’avais aucun problème avec ça. Je voulais lui faire justice, ou la rendre aussi bien que lui.


Qu’essayes-tu de dire avec le tire « Half Of Me » ?

En bref, cela veut dire que les gens supposent, et ils pensent savoir en se basant sur n’importe quel titre ou média. Cela veut dire que ce qu’ils ont, n’est à peine la moitié de la réalité. Les gens prennent le peu d’informations qu’ils trouvent, et dessinent un portrait de toi. Et la plupart du temps, tout est fait.


Tu chantes, tu crées, et tu joues la comédie. Y a-t-il autre chose que tu souhaites essayer ?

Il y a tellement de choses. Tellement de choses dont je ne peux pas parler, parce que je ne veux pas révéler quoique ce soit, avant que cela n’arrive.


Tu es déjà une icône de la pop. Tu es partie de la Barbade pour l’Amérique à 16 ans. À présent, tu es l’une des plus grandes pop stars mondiales. Comment en es-tu arrivée là ?

J’ai grandi. Tout est question de maturité.