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Interview avec Glamour

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Elle n’est plus « Rihanna » lorsqu’elle rentre dans la pièce. Peut-être est-ce parce que nous sommes en Barbade, dans sa propre maison, où je suis assis sur son canapé à 2h du matin. (Elle sait comment faire attendre un homme.) Il n’y a ni garde du corps ou flash, aucun fan criant son nom. Son équipe est également aux abonnés absents ; disparues sa coiffeuse et son assistante et meilleure amie, Melissa. Et elle semble authentique. La plus grande pop-star de la planète ne porte pas de, disons, cuissardes « Gladiator » ou un pyjama imprimé « Givenchy ». Non, Rihanna ressemble plus à la jeune fille qui a quitté l’île dix ans plus tôt, alors qu’elle était juste un garçon manqué prénommé Robyn. Elle est pieds nus, porte un large t-shirt avec des cheveux courts et frisés. (Les boucles sont toutes nouvelles. Elles suivent une série de coiffures originales en à peine 96 heures, passant de longues mèches grises et effrayantes à des cheveux blonds.) L’unique signe de son alter ego, « Rihanna » – son degré de célébrité, ses 50 millions d’albums vendus, ses fans mieux connus sous le nom de Rihanna Navy – sont ces bracelets en diamants emmêlés autour de son poignet. Enfin, ça et l’effluve de parfum boisé et fleuri qu’elle laisse sur mon t-shirt après m’avoir enlacé – qui s’avère être un aperçu de son 4ème parfum, Rogue.


Cela sent l’argent. Depuis qu’elle est arrivée aux Etats-Unis en 2004 et signé dans la foulée un contrat avec Jay Z, Robyn Rihanna Fenty a engrangé 10 numéros 1 dans le classement « Billboard » des meilleures chansons Pop – personne n’est encore arrivée à l’égaler. L’été dernier, la jeune femme de 25 ans a été couronnée Reine des Médias Sociaux, en devenant l’artiste la plus visionnée sur Youtube et la personne la plus aimée sur Facebook. (Ce qui représente plus de 70 millions de pouces levés.). Elle a également trouvé le temps – quand elle n’encense pas Internet avec ses photos choquantes sur Instagram (croyez-moi, vous devez regarder @badgalriri) ou se confesse au travers de tweets probablement adressés à son ex-petit ami Chris Brown – de faire de l’ombre aux magnats de la mode. Elle a sa propre marque de vêtements, avec « Rihanna for River Island » ; du maquillage, grâce à sa collaboration avec « M.A.C » (sa première ligne de rouges à lèvres « RiRi Woo » s’est retrouvée en rupture de stock en à peine trois heures) ; et, prochainement diffusée, une apparition télévisée, dans son émission de compétition « Styled To Rock », où des stylistes émergents vont s’affronter pour habiller des célébrités.


Donc lorsque je l’ai retrouvé dans sa maison au bord de la mer, en pleine pause de sa tournée mondiale, on se rend vite compte qu’elle a passé de nombreuses heures sur son canapé à regarder la télévision. Alors qu’elle se pose dans un coin du sofa, Rihanna ouvre un paquet de son en-cas favori, une sorte de « Cheetos » épicé qui porte le nom de « Hill’s Hot Balls », et serre dans ses bras un coussin « Burberry » au motif écossais. Il s’agit de la véritable Robyn et elle est prête à parler.


Tu arrives à la moitié du « Diamonds World Tour ». Qu’est ce que cela fait d’être chez toi ?

Je me suis habituée à L.A et j’adore New York. Mais en Barbade, je suis à ma place. C’est un monde complètement différent. La nourriture, les gens, l’énergie, la météo – Tout ce que je connais.


A quel point es-tu différente lorsque tu es ici ?

Je suis un peu plus insouciante. J’essaye de me comporter comme je le faisais étant jeune.


Tu as quitté la Barbade il y a 10 ans en tant que Robyn et tu es devenue Rihanna. Qui es-tu quand tu reviens chez toi ?

Lorsque les gens m’appellent Robyn, ma tête se retourne à droite et à gauche parce que j’ai l’impression que cette personne me connait. Alors que Rihanna a été créé de toute pièce par les gens. Robyn, c’est ce que je suis. Rihanna – c’est une idée de ce que je suis.


Tu as grandi pas si loin d’ici, mais j’ai entendu que ce n’était pas facile à l’école.

On s’est moqué de moi tout au long de ma vie scolaire. Je ne comprenais pas ce qui n’allait pas. C’était ma couleur de peau [qui était plus claire que celles de ses camarades]. Puis quand j’ai été plus âgée, c’était à cause de mes seins. Mais je ne suis pas une victime – je suis reconnaissante. Je crois que ces expériences m’ont été envoyées par Dieu afin que je sois prête à rentrer dans le monde de la musique. C’est tellement facile à présent de faire face à toutes ces conneries.


Tu étais clairement préparée. Tu viens juste de déloger ta copine Katy Perry en ayant le plus de chansons pop classées numéro 1.

Oh, oui ! C’est ce que mes fans m’ont tweeté.


Attend, tu as entendu parler de ça, grâce à un fan sur Twitter ?

Oui [Rires.] Mes fans sont sur le coup. C’est grâce à eux, que je suis au courant de la plupart de mes statistiques.


Ils gardent un œil sur toi. Est-ce que tu t’es déjà senti trop regardée ou piégée ?

Certaines fois. Comme le fait de ne pas pouvoir me promener comme je le souhaite. J’ai l’impression d’être sans arrêt regardée. Toujours. Des fois, j’ai envie de bronzer seins nus, mais je sais que je ne pourrai probablement jamais le faire. Même lorsque je suis à l’étage dans ma chambre, et que les rideaux sont tirés, j’ai l’impression qu’un paparazzi est à l’extérieur sur un bateau ou que quelqu’un m’épie.


Argh. Tu as déjà affirmé que tu étais souvent incomprise.

C’est le cas. C’est pourquoi il est très important pour moi de savoir qui je suis. Il n’y aucune chance que quelqu’un me connaisse. Tout ce qu’ils ont, ce sont des photos et des gros titres complètement fous.


Mais ils ont aussi ta musique.

100%. La musique m’aide à raconter mon histoire. C’est là que je peux être vraiment entendue. Mais il existe tellement d’autres choses que la musique.


Ah, les haineux. Prêtes-tu attention à ce qu’ils disent ?

Je ne peux pas y échapper. Tu ne peux pas changer qui tu es. C’est important pour moi de savoir qui je suis et de faire avec. Ils continueront à critiquer jusqu’à que tout cela s’estompe. Mais je ne rentrerai pas dans leur jeu. J’ai le contrôle [de la situation].


Tu sembles intrépide ces derniers jours.

J’ai du retrouver le courage parce qu’il avait disparut ces derniers temps. Ma mère m’a dit il y a quelques années de ça : « J’ai vu quelque chose dans tes yeux que je n’avais jamais vu auparavant: la peur. » Elle me disait, « Non, ce n’est pas toi. » Je suis enfin bien avec moi-même.


Comment y es-tu arrivée ?

En me rappelant ce qui était important dans la vie et en comprenant que nous sommes tous des individus avec nos propres relations avec Dieu. Lorsque c’est clair pour toi, il est très difficile de se soucier de ce que les gens pensent.


Parlons de mode. On dirait que tu t’amuses beaucoup ces derniers jours.

Mon amour pour la mode – permet-moi de dire, mon admiration pour la mode a commencé avec ma mère. Je la regardais s’habiller. Elle avait à peu près mon âge à l’époque et elle était si classe. Si classe. Je me souviens ne pas savoir comment faire parce que j’étais un tel garçon manqué.


Durant ton enfance, tu as travaillé dans le magasin de ta tante, n’est-ce pas ?

Oui. Je voyais à quel point c’était bien de voir des personnes partir avec des tenues dans lesquelles elles se sentent bien. Puis, j’ai commencé à porter des vêtements – des jeans pattes d’eph et tous ces ensembles. Je sais. Horrible.


D’où est venue l’idée de ton émission « Styled To Rock » ?

Il y a tant de gens à New York qui ont l’œil pour la mode et la conception, mais je ne les trouvais pas [pour travailler avec]. Je suis excitée à l’idée de découvrir de nouveaux stylistes. Je suis obsédée par l’idée d’être la première en tout dans la mode.


Dans l’émission, les candidats créent des looks pour des célébrités chaque semaine. Est-ce que l’idée c’est de montrer ce que les designers font ?

Absolument. Il y a des personnes qui font du shopping pour d’autres et puis, il y a les stylistes. Pour être un styliste, tu dois comprendre le design.


Votre styliste, Mel Otteberg, est un des mentors de l’émission.

Il m’a tellement appris. Et j’apprécie réellement cela parce qu’il y a tellement de choses auxquelles je n’ai pas eu accès étant jeune.


Comme trainer avec Karl Lagerfield ? J’ai vu ça sur Instagram.

Je n’ai jamais su ce qu’était un défilé de mode Chanel quand je vivais en Barbade !


Tu as donc une émission de télé, plus quatre parfums, une ligne de vêtements, et un nouveau contrat avec MAC. Tu es une entreprise à toi toute seule !

J’imagine que je suis une accro au boulot. J’ai peur que des opportunités me passent sous le nez. J’adore être créative, et à présent, j’ai tellement de débouchés. Mais ce sont des choses qui m’intéressent. Ma mère était maquilleuse, et vendait des parfums. Enfant, je connaissais tous les parfums, et je les connaissais par cœur, uniquement grâce à leurs odeurs.


Tu n’es pas la première pop star à te diversifier et à construire ta marque. Est-ce quelqu’un t’inspire en particulier ?

J’aime Jennifer Lopez et Gwen Stefani parce qu’elles sont à fond dans ce qu’elles produisent. On a l’impression que tout vient d’elles. Ce sont des femmes brillantes – elles ont le sens des affaires. Elles sont également très famille. Elles aiment leurs familles et ont des enfants. Elles sont battantes. Ce sont des femmes, et elles sont de véritables businesswomen. C’est le genre de femme qui m’inspire.


Parlons de femmes à la mode. Qui fait partie de ta liste des femmes les mieux habillées en ce moment?

Oh mon dieu, tu te fous de moi ? Nicole Richie. Elle me gonfle, elle est tellement bonne. Mais tu sais qui est celle qui a le mieux réussie ? La princesse Diana. Elle assurait. Tous ses looks étaient bons. C’était une rebelle avec ses vêtements. Elle portait ces chapeaux incroyables. Elle avait des vestes démesurées. J’adorais tout ce qu’elle portait.


J’adore ton Instagram. On dirait qu’il n’y a rien que tu ne puisses poster. As-tu déjà réfléchi à deux fois [avant de poster quelque chose]?

[Rires.] Justement l’autre jour, je suis revenue sur ma page et j’ai vu toutes ces photos du défilé Channel. Et je me disais, Oh mon dieu, cela fait tellement narcissique. Je supprime, supprime, supprime.


On dirait que tu envoies des messages à tes exs, comme lorsque tu as instagrammé, « Je déteste quand l’ex dit… ‘Je suis là si tu en as besoin.’ Mais putain t’étais où quand nous étions ensemble et que j’avais besoin de toi ? ». Si Taylor Swift envoie des messages à ses exs à travers ses chansons, utilises-tu Instagram pour passer ta colère sur les autres ?

Oh mon Dieu. Çà serait brillant. Mais pour moi, ce n’est même pas sérieux. C’est juste un album photo.


Mais des fois, tu es très directe. Cela ne te dérange pas de fermer la gueule des gens sur Twitter, comme Piers Morgan – tu lui as dis de « se faire pousser sa queue » lorsqu’il s’est moqué de tes cheveux. D’où vient ce côté fougueux ?

De la Barbade. Les gens de la Caraïbe semblent chaleureux et agréables. Mais si tu les mets en colère, ils te remettront à ta place.


Je sais que tu adores l’astrologie, toujours en train de tweeter quelque chose sur les Poissons. L’astrologue de Glamour a lu ton horoscope.

J’adore ça ! Je suis une telle geek.


Ton horoscope dit que tu prends ton futur très au sérieux en ce moment. A quoi espères-tu que ton futur va ressembler ?

Un jour, j’aurai des enfants. Je suis impatiente d’être mère. Mais j’en suis encore loin. Je n’ai même pas un papa potentiel.