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Interview pour « Harper’s Bazaar »

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Demander à quelqu’un de sauter dans un bassin avec des requins pour l’amour de la mode est un exercice qui relève de la folie. Mais Rihanna n’est pas ce « quelqu’un ». Quand je l’ai informée du concept cet automne, elle a simplement pensé que c’était « cool » (son équipe était un peu plus perplexe). Direction le « Florida Aquarium » à Tampa, un jour de décembre. Dans le bassin vivent trois Requins-taureaux, aucun ne mesurant moins de deux mètres et demi. Les requins ont l’habitude des plongeurs, mais pour les photographes et les popstars, c’est autre chose. Le photographe Norman Jean Roy a enfilé une combinaison avant de plonger. Rihanna l’a suivi – plusieurs plongeons et trois tenues différentes, tandis que les requins l’encerclaient scrupuleusement. Une fois la séance terminée, elle tremblait de froid plus que d’excitation. Puis elle s’est envolée pour l’Allemagne. Un jour de plus dans la vie d’une popstar qui passe son temps à nager avec des requins.
 
Laura Brown: Nager avec des requins, ça n’est pas qu’effrayant, c’est aussi une grande métaphore. Comment as-tu appris à vivre avec les requins qui t’entourent ?
Rihanna: J’ai fait mon possible pour les éviter, mais j’ai eu mon lot d’expériences les concernant, et j’ai dû les traiter en conséquence. En revanche, je ne les côtoie pas… les requins nagent entre eux.
 
LB: As-tu vu « Les dents de la mer » quand tu étais petite ? T’a-t-il terrifée ou, au contraire, excitée ?
R: Les deux ! Il m’a terrorisée parce que je passais mon temps à la mer, et qu’à chaque fois qu’un nouveu chapitre du film sortait, j’esquivais la plage durant des mois ou bien je restais assise sur le sable. Et si jamais je décidais d’entrer dans l’eau, je pouvais compter sur mon père pour fredonner le thème musical, ce qui me poussait à faire demi-tour. Mais c’était carrément de ma faute, j’étais obsédée par « Les dents de la mer ». Steven Spielberg a été le héros de mon enfance.
 
LB: Te considères-tu comme une aventurière ? Quelle a été ta plus grande aventure, et qu’est-ce que tu aimerais accomplir ?
R: Ma plus grande aventure ? C’est une blague ? Je viens de faire une séance photo entourée de requins alors ça risque d’être compliquée de faire mieux.
 
LB: Tu n’as peur de rien quand il s’agit de ton style, mais dans la vie, en quoi es-tu intrépide ?
R: Je pense être comme la plupart des gens – nous avons peur de l’inconnu et de ce qui doit arriver. Ce sont des choses qui ne doivent pas être craintes. Quand nous donnons à Dieu le contrôle total, il est difficile de ne pas se sentir intrépide.
 
LB: Tu es célèbre depuis dix ans désormais, et tu as dû te forger une solide carapace. En quoi es-tu coriace, et en quoi es-tu sensible ?
R: Cette carapace s’est développée dès mon premier jour d’école. Ca ne résulte pas de la célébrité. Je n’aurais pas pu survivre à la gloire si je n’en avais pas déjà une. Parfois la chose la plus pénible dans la vie est d’être vulnérable. Je ne suis pas quelqu’un de généralement très sensible, mais je tends à l’être plus envers autrui et ce qu’il endure. Je ne sais pas si c’est le comportement le plus sain, mais c’est la vérité.
 
LB: Tu es sur le point de sortir ton nouvel album. Après avoir accompli tant de choses, à quel point es-tu ambitieuse ?
R: Je suis très ambitieuse ! C’est ridicule tout ce que je veux ajouter à mon bagage, qui est pourtant déjà bien rempli.
 
LB: D’un point de vue mode, tu es mortelle. Te prépares-tu mentalement lorsque que tu dois porter une tenue osée sur le tapis rouge ou bien tu y vas sans te poser de questions ?
R: La façon dont je m’habille dépend de mon humeur. Je n’ai jamais eu à me motiver. Ca se fait naturellement.
 
LB: Quelle est ta tenue de tapis rouge favorite ?
R: Mes préférées sont habituellement celles que je porte dans le but de soutenir un créateur: la robe « Adam Selman » incrustée de diamants « Swarowski » lors des « CFDA Awards », l’ensemble blanc « Stella McCartney » du « MET Gala » ainsi que celle portée durant les « Video Music Awards » en jersey blanc, toujours par Adam Selman. Mais la rouge « Azzedine Alaïa » des « Grammy Awards » est aussi l’une de mes favorites.
 
LB: Quel style voudrais-tu t’approprier pour un jour ?
R: Zac Posen et ses robes personnalisées de malade… Et la coiffure.
 
LB: Y a-t-il une ligne que tu ne franchirais jamais ? Un vêtement que tu ne pourrais jamais porter ?
R: Je ne veux pas trop m’engager dans ce genre de règles. On ne sait jamais concrètement.
 
LB: Comment se passe l’entretien de ton apparence ?
R: Quelques fois il y a beaucoup d’entretien, d’autres fois pas du tout. J’ai un travail qui requiert beaucoup de glamour, et j’ai pour cela une équipe formidable qui m’aide là-dessus. Mais parfois, quand je suis en studio ou en vacances, je me laisse aller.
 
LB: Qu’est-ce qui se cache derrière ton retour sur Instagram ? Ca t’a manqué ? Le fait d’être connecté quotidiennement avec tes fans, qu’est-ce que ça signifie pour toi ?
R: J’aime… les… photos ! C’est tout ce qu’il faut retenir.
 
LB: Que ressens-tu vis-à-vis de la censure sur les réseaux sociaux ? Les tétons doivent-ils être vraiment libres ?
R: La chatte ? Je ne sais même pas comment ça s’épelle.
 
LB: Qu’est-ce qui représente une bad girl en 2015 ?
R: Vous êtes sur le point de le découvrir.
 
LB: Que voudrais-tu pour terminer cette année, dans la vie et dans l’amour ?
R: La même chose que tous les ans – être heureuse.
 
LB: Qui est ton ami le plus impropable ?
R: J’ai des amis rock stars et rastas; partant de là je ne sais même plus ce qu’est exactement un ami improbable.
 
LB: Te fais-tu des amis facilement ?
R: Non.
 
LB: Comment serait une journée idéale ?
R: Un jour où je me réveillerais sans cellulite ? Là ce sera un jour parfait.
 
LB: Quel est ton péché mignon ?
R: La téléréalité. Je ne peux pas m’en passer.
 
LB: En définitive, comment fais-tu pour garder la ligne en mangeant des pâtes tous les jours ?
R: Tu veux dire par là comment je fais pour avoir toute cette cellulite ?